Girls – Father, Son, Holy Ghost [3,75/5]
C’est la fin de l’été, quoi de plus logique que de reprendre le rythme sur une transition en douceur, de l’été à l’automne, troquer le Pulco mangue-ananas pour le Guronsan et les capsules de Ginseng, puis écouter le deuxième album de Girls.
Je dois l’admettre, ce disque ne m’a pas plu à la première écoute, attendez-vous donc à un premier contact mitigé, contradictoire même ; le sentiment de côtoyer l’excellent et le mauvais dans un même instant, une sorte de syndrome Canteloup, ou le passage troublant d’une imitation réussie à une blague ratée. Un peu nébuleux, parfois intensément chaud et mélodique il s’épanche pourtant souvent dans des pérégrinations où il est facile de se perdre. Certains apprécieront sans doute.
Ainsi, la voix de Christopher Owens, douce et vulnérable, balance parfois d’une grâce confidente vers des raffuts, contrastes presque odieux tant ils semblent inappropriés. Le groupe arrive ainsi à passer de la balade folk comme sur le sémillant How Can I Say I Love you à des titres plus déstabilisants, comme Die et son riff interminable qui donne sincèrement envie de tout stopper pour regarder bruler des cd de Queen of The Stone Age tout en jouant à Guitar Hero. Le titre reprend néanmoins un peu d’intérêt sur sa fin avec un psychédélisme bien senti.
Cependant, ce sont ces mêmes contrastes qui font parfois la force des san-franciscains ; sur le flegmatique Forgiveness, mais surtout sur Vomit, qui en dehors d’être officiellement la chanson la plus difficile à trouver sur l’internet, est aussi une merveille d’équilibre entre profondeur et instabilité. Autres beautés sur lesquelles il faudra vous attarder, Myma et ses guitares plaintives qui fleurent bon le meilleur de Band of Horses, ou encore Love life, à la délicieuse influence Motown, qui sert de transition parfaite à Jamie Marie et sa douceur reverbée.
Au titre des regrets on pointera Just a song (ah ah), aussi lisse et candide qu’un trader en alternance, et Magic, qui bien qu’agréable pèche un peu par sa récurrence et sa gaité adolescente légèrement caricaturale.
Vous l’avez compris, Father, Son, Holy Ghost prend son temps et donne parfois un peu l’impression de s’y perdre. Néanmoins, si vous avez la patience, cet album parfois exigeant pourrait bien vous révéler de belles surprises.






